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Reportages: Luc Lafortune designer lumière COMMANDER Magazine Sono N° 385
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Source: Magazine Sono numéro 385 Page 56 - janvier 2013 ::: Photos: François Guillet - Texte: François Guillet -  :::
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Luc Lafortune designer lumière
Crédits
Photos: François Guillet - Texte: François Guillet -

Né en septembre 1958 à Montréal, Canada, Luc Lafortune est un créateur lumière de renommée mondiale, souvent associé au cirque du soleil. C'est un artiste majeur de la lumière, créateur de génie et technicien confirmé, il utilise les volumes de manière exceptionnelle, les rendant tour à tour intimistes ou monumentaux.

Luc Lafortune a signé au moins treize spectacles du cirque du soleil dont "O", "Le cirque réinventé", "Quidam" et "Ka" et a travaillé pour No Doubt, Peter Gabriel (Growing Up World Tour), The Eagles ou les Gypsy Kings. Son talent est récompensé par un LDI award (Lighting Dimension International) en 1994, un Entertainement Design Award pour le spectacle "O" en 1998, deux THEA (Themed Entertainement Award) en 1999 et en 2012 et un USITT (united State Institute of Theatre Technology) Distinguished Achievement Award in Lighting Design en 2005.

Récemment, Luc Lafortune a éclairé le fabuleux spectacle "The House of Dancing Water" à macau, spectacle réalisé par le célèbre Franco Dragone. Son parcours a commencé par un baccalauréat en arts, suivi par une option théâtre à l'Université Concordia où il se familiarisait avec la création de décors. C'est alors qu'il a découvert que "les éclairages peuvent modifier l'apparence des lieux, donc du décor, et ainsi affecter la lecture qu'en fait le spectateur". Il se tourne alors vers les éclairages et en 1984 part en tant que technicien lumière avec la première tournée du Cirque du Soleil.

Sono Mag : La plupart du temps, le métier d'éclairagiste est une passion qui peut être déclenché par un évènement, une rencontre. Est-ce votre cas?

Luc Lafortune : Il y a eu beaucoup de domaines qui m'ont intéressés, la menuiserie par exemple, ou d'autres. Ce n'était pas spécifiquemment la lumière. Quand j'étais à l'école, j'avais des bulletins catastrophiques, je n'étais franchement pas raccord avec le système, qui fonctionne vraiment avec un profil linéaire. Entre autres, il y avait des mathématiques, de la chimie, de la physique en plus de la menuiserie et autres cours associés aux "garçons": électricité, plomberie... Après j'ai fait 2 ans au collège. On nous enseignait la poésie et le littérature, toutes ces choses pas du tout linéaires par lesquelles nous n'allions semble-t-il pas pouvoir gagner nos vies. ma moyenne est passée de 50% à 90% en trois ou quatre mois! Ensuite, j'ai fait un baccalauréat en théâtre à l'université Concordia, à montréal sur 3 ans, je ne sais pas comment vous diriez en France, si c'est les mêmes mots. Et là... j'y passais tout mon temps. C'était d'un très grand intérêt, et c'est là que j'ai compris que je pouvais être la personne que je voulais être! J'avais là l'autorisation d'être vrai, d'être un "misfit" même, un original, limite un marginal. J'étais à l'aise, j'ai découvert ma vraie passion. Avec quat re ou cinq spectacles par an, on pouvait toucher à tout : menuiserie, accessoires, scénographie et bien sûr éclairages. On accomplissait de grandes amplitudes horaires avec beaucoup d'aisance. La lumière, au début, je n'aimais pas ça du tout. Les cours d'optique et de physique étaient très linéaires et j'étais souvent absent. Par contre, choisir des projecteurs, les régler, programmer une console, c'était totalement intuitif et ça, c'était un fait vraiment marquant pour moi. C'est ma façon de travailler aujourd'hui : intuitif, pas de raisonnement, pas de maths, pas de calcul et ce n'est pas facile à expliquer ou à faire comprendre.

Sono Mag : Aujourd'hui les techniques se développent très vite, sont de plus en plus présentes et très pointues. Cela n'entre-t-il pas en conflit avec vos méthodes de travail?

Luc Lafortune : Ce n'est pas une contrainte, au contraire! Nous avons de plus en plus d'outils de travail à disposition. Le but est de savoir capturer sa vision et d'utiliser des outils pour la retranscrire sur scène. Un éclairagiste choisit d'abord sa matière et seulement ensuite ses outils pour la travailler et non le contraire. Par exemple sur "O" en 1998, j'avais une vision basée sur le travail de marc Chagall. Son oeuvre est pleine de naïveté et parle à tout le monde. Universellement, son travai l communique de l'émotion. Tout le monde y retrouve quelque chose, pas forcément la même chose, mais tout le monde s'y retrouve. Salvatore Dali m'a aussi inspiré pour ce spectacle, avec un aspect plus cérébral... Avec l'inspiration des deux peintres, tout le monde s'y retrouve, c'est ça le cheminement artistique. L'inspiration doit être totalement libérée des outils. Une fois cette vision acquise, on utilise des outils uniquement pour la traduire sur scène. Sans cette vision, les outils sont inutiles et deviennent même un encombrement. En fait, il y a des dangers avec les nouvelles technologies. Elles ne doivent pas exclure les anciens outils qui peuvent être vecteur de fortes émotions. Un exemple en 2003 à Las vegas. Je travaillais sur "Zumanity". Pour ce spectacle, on devait absolument voir les artistes, sentir leur sensualité. Le public devait absolument percevoir le clin d'oeil de l'artiste et la profondeur de leur humanité. Le budget était juste, quoiqu'un peu plus modeste que ceux auxquels j'étais habitué, par contre j'ai pu aussi choisir dans la liste de matériel d'un autre show qui venait de s'arrêter. J'étais prioritaire et j'avais à disposition un parc de matériel extraordinaire. Et bien j'ai juste choisi des projecteurs à incandescence, des fresnels, des projecteurs de cyclo, ce qu'on appelle des "cochonneries" pour emprunter une expession proprement québécoise... mon choix n'a pas été motivé par la technologie mais par le désir artistique, par une vision avant l'envie d'avoir de nouveaux jouets. mon inquiétude, c'est que les producteurs ont à disposition des outils plus rapides, plus performants et parfois, voulant économiser temps et argent, vont allouer de moins en moins de temps pour créer et composer. Les conséquences sont telles qu'à mon avis, les spectacles se ressemblent de plus en plus, et ce par manque de temps. La rapidité d'exécution devient un nouveau standard.



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